Hollande2012.fr

Nous avons eu un grand nombre de visiteurs sur ce blog, ces jours derniers. Je suis d’ailleurs un peu effrayé par le retentissement de notre petite facétie. Maintenant que nous sommes revenus à nos deux ou trois visiteurs quotidiens, égarés par hasard sur «encampagnevers2012.com», j’ose enfin m’expliquer.
Acheter le nom de domaine « Hollande2012.fr », en 2007, c’était plutôt une gentille plaisanterie, un jeu de fin de repas, où nous dégustions du GOUDA, en pariant sur le candidat qu’aurait à affronter le président aux futures échéances présidentielles. Il y avait un fromage hollandais sur la table. La Hollande, l’autre pays du fromage. Nous avons laissé parler notre inconscient. Et pourquoi pas François Hollande dit un convive. Il n’y avait pas de quoi en faire un fromage, dit un autre convive. Et bien il se trompait, le convive. La conversation vint sur la campagne d’OBAMA, et Olivier, technophile et adepte des réseaux, nous dit, prophétiquement, qu’en 2012, les candidats animeraient leur campagne en cherchant le buzz sur internet, et que d’ailleurs, il était facile de voir si tel ou tel se préparait déjà à un avenir présidentiel, car il aurait certainement retenu tous les noms de domaine possibles. Recherche faite, le nom de domaine « Hollande2012 » n’était pas retenu, ce que fit Olivier sur l’heure, par esprit de facétie, tout simplement, et sans méchanceté aucune envers un homme malmené alors par sa situation de conjoint en rupture, rappelons-nous, et qui suscitait la sympathie d’un ou deux d’entre nous, plongés dans les affres de conflits conjugaux. Nous avons seulement noté que François Hollande ne pensait pas à l’élection présidentielle tous les matins, en nouant ses lacets de souliers, comme le disait l’autre François (Mitterand). C’était déjà un homme normal, avant d’être un président normal. Voila pour les prémices.
Après la désignation de François Hollande par la primaire citoyenne, Olivier, occupé par une recherche d’emploi, a voulu profiter de cette opportunité pour montrer qu’il était un bon communiquant et inscrire cette facétie sur son press-book, en mesurant le buzz produit par son initiative, qu’il n’avait pas conçue comme une initiative malveillante envers François Hollande, puisqu’il redirigeait les internautes vers l’authentique site de François Hollande, mais en proposant aussi un lien avec le site de l’UMP (That’s the joke) et avec mon blog « encampagnevers20102 » en référence à notre déjeuner fondateur de 2007.
Il s’attirait ainsi les foudres de Vincent FELTESSE, responsable de la campagne Internet de François Hollande, qui le qualifiait de « cybersquatter ». Non, cyberpropriétaire, tout à fait légalement. On peut bien comprendre la mauvaise humeur de ce monsieur, qui pourrait bien attirer sur lui le soupçon de cyberincompétence et sur son candidat le soupçon d’incompétence tout court. Je voudrais lui conseiller l’humilité, qui est une vertu, et laisser au pape le concept d’infaillibilité. Et quoi ! le président normal a fait une petite bourde, minuscule, alors pourquoi ne ferait-il pas comme tout le monde, son mea culpa, en demandant à son directeur de campagne Internet de l’admettre, et de passer à autre chose. Demander un jugement en référé, comme j’ai pu le lire dans la presse, pour récupérer le nom de domaine, c’est tout d’abord prendre le risque de perdre, et d’aggraver l’impression mentionnée ci-dessus. Qu’en serait-il alors lorsque le président plaidera la cause du pays devant le G20, s’il n’a pas su gagner son référé contre un jeune trublion. Bien sur, je me garderais bien de vouloir donner un conseil à un homme aussi éminent que monsieur FELTESSE, mais j’oserais quand même lui suggérer d’attendre quelques jours, jusqu’à ce que les clefs du site « Hollande2012.fr » lui soient remises gracieusement, par Olivier, qui s’est engagé à le faire. Il pourrait même laisser sur l’adresse en question un lien humoristique avec le site d’un affreux et obscur blogueur de l’UMP, pour que les fans puissent écouter ce que pense quelqu’un qui ne pense pas comme eux. Je m’engagerais alors dans une opposition plus constructive et je serais le seul blog de l’UMP dont les seuls visiteurs seraient les partisans de François Hollande.
Et pour commencer dans cette voie, je voudrais envoyer un bonjour à Baptiste ROYNETTE, webmestre -cybermaître- de l’UMP, le camp d’en face, dont j’ai lu les protestations indignées, signifiant que notre petite facétie ne venait pas de l’UMP, et qu’il ne nous connaissait pas. En effet, il ne m’a pas envoyé un seul militant UMP sur mon blog.
Je suis pourtant titulaire d’une magnifique carte plastifiée, aux couleurs de l’UMP, que je mets religieusement sur ma table de nuit, le soir avant de dormir, et par ailleurs, je l’ai eu plusieurs fois au téléphone, pour lui demander de référencer mon blog ou de me fournir une petite liste de militants de base, simples citoyens, comme moi, auxquels je pourrais envoyer un fil RSS, pour discuter des sujets de société que j’aborde dans mon blog. Il m’a annoncé à trois reprises depuis février 2011, comme imminente, l’ouverture, sur le site de l’UMP, de liens avec les blogueurs de base, mais le pauvre était soucieux du temps que cela lui prendrait de « modérer » tous ces blogs – en clair de prononcer le «nihil obstat», sur tout ce qui paraitrait, au regard de la conformité aux éléments de langage de l’UMP. Gros travail, en effet. Je lui demandai si l’on faisait une revue de presse au sein de l’UMP, et si les militants de base pourraient en bénéficier, pour réagir dans leurs blogs. Ce à quoi il m’a répondu qu’il ne voulait pas communiquer les papiers qui n’étaient pas favorables au parti présidentiel. Verbatim.
Je fais partie de la frange de « militants », si on peut qualifier ainsi tous les titulaires de la petite carte plastifiée, qui ne demandent rien, qui ne briguent aucun mandat, mais qui ont simplement le désir de discuter (pas avec le chef de l’état), des problèmes du pays, de s’informer et de devenir meilleur citoyen. A ce titre, je suis parfaitement invisible à l’UMP, aussi invisible que la tapisserie. L’ « effet WALLPAPER », fait des ravages au sein de l’UMP, ou l’on n’a pas compris qu’il faut s’appuyer sur cette frange d’électrons libres pour faire du Buzz sur internet, et ne pas compter uniquement sur les opérations de communication du type de la convention récente, où l’on fait monter en ligne les ministres-combattants, couturés de cicatrices, éclopés des combats politiques, même en les mettant sous la roue de la fortune, en affichant les sommes astronomiques de « qui veut les milliards » du projet socialiste.
On annonce dans la presse que l’UMP « tire à boulets rouges » sur le projet socialiste, mais on ne voit aucun article de fond dans la presse de référence, et qui prend le relais sur internet ?
L’UMP va-t-il tirer les leçons de la primaire citoyenne, qui est une magnifique opération d’explication devant le cercle élargi des militants et sympathisants de Gauche, qu’on soit d’accord ou pas sur le fond. L’UMP va-t-il mener campagne autour d’une garde racornie et resserrée de permanents, d’élus, d’affidés, ou ouvrir le jeu aux citoyens désirant soutenir l’actuel président et qui sont dans l’attente d’une campagne d’explication, d’une primaire citoyenne, non sur les personnes, mais sur les options du futur projet pour le deuxième quinquennat : L’Europe, la dépense publique, et d’autres grands sujets absents du projet socialiste.

Le président normal

Ainsi donc, la primaire socialiste est en train de se transformer en concours de médiocrité. Ne pensez pas un instant qu’il y ait une once de dénigrement dans l’emploi que je fais de ce terme de médiocrité, que je puise aux meilleures sources, l’Ode à LICINIUS, du grand HORACE. « C’est suivre la voie de la vertu, Licinius, que de ne pas toujours chercher à s’aventurer en haute mer comme de ne pas serrer de trop près, dans la crainte des tempêtes, un rivage peu sûr. Quiconque choisit la règle d’or du juste milieu ( aurea mediocritas) se préserve, pour sa sécurité, du misérable toit délabré et, dans sa modération, du palais trop envié. »

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