Le débat, c’est maintenant pour le camp de François Fillon

J’en suis encore quant à moi, à tenter de comprendre les causes de l’échec de 2012 et du choix, par défaut, des français, pour monsieur-tout-le-monde-moi-président-normal-je-vais-défaire-tout-ce-qu’à-fait-Sarkozy-et-tout-ira-bien.

Il y a eu des erreurs de “positionnement”de la campagne du président NS, qu’il faut regarder en face, malgré le respect que nous avons pour l’homme et pour son action. La cassure entre le président du travailler plus pour la prospérité de tous, et la séquence finale de la droitisation – coup de projecteur sur ce qui reste un échec du gouvernement sortant, la sécurité et la sécession communautaire des quartiers –  a brouillé les pistes, en traçant une ligne de clivage là où ce n’était pas nécessaire. Continue reading “Le débat, c’est maintenant pour le camp de François Fillon”

L’effet papillon du plan d’investissement pour l’avenir

Louis GALLOIS est dans la place. Il s’est fait définitivement le propagandiste du plan d’investissement d’avenir, dont la maigreur ne l’empêche pas de le présenter comme une impulsion déterminante dans la transition écologique – seuls des esprits chagrins voudraient ne pas voir un hasard dans la coexistence entre l’agenda des petits évènements gouvernementaux, le départ précipité de Delphine BATHO, et la nécessité de donner des gages à très court terme au courant écologiste.
Il fallait donc une trouvaille, c’est l’affichage de ” l’éco-conditionnalité” pour la totalité des investissements et plus encore pour les deux milliards et plus spécifiquement dédiés, « directement ou indirectement » à la transition écologique. C’est un petit bijou de communication « techno », à la socialiste, on pourrait même dire à la française, dont on ne sait pas vraiment comment on va le décliner, mais cela aura servi un bref instant, une étoile de plus au ciel des concepts.
Ledit plan d’avenir, outre sa maigreur, n’échappe pas plus à la suspicion du saupoudrage, avec une liste à la Prévert des domaines qu’on voudrait “cibler” et où l’on peine à trouver un fil directeur ou des synergies. On se demande par exemple ce que vient faire l’investissement dans la santé, qui est en fait un plan de rattrapage pour l’hôpital public, après le renoncement à la convergence tarifaire avec le privé, et à l’effort de gouvernance des hôpitaux, et pour le coup, on le classerait plutôt dans la rubrique des investissements du passé.
On avait besoin d’un grand nom de l’industrie pour manifester un simulacre d’intérêt pour les entreprises, qu’on voit s’enfoncer en dessous de la ligne de flottaison, et dont on continue, dans les faits, à charger la barque fiscale. Je te charge de 20 milliards de charges supplémentaires, et je te les enlèverai l’année prochaine (le CICE – Essayez de mettre en place le préfinancement du Crédit d’impôts avec votre banque, dès 2013, pour bénéficier dès maintenant de la trésorerie, comme le propose le gouvernement..).
Après s’être fermement opposé au grand emprunt, dont nos enfants devraient, pour le candidat Hollande, porter comme un fardeau les intérêts, qui jamais ne seraient couverts par les gains qu’on en retirerait, il s’agit maintenant d’afficher un plan d’avenir, qui, malgré son discours d’emballage, n’est que ce qu’on appelle dans l’industrie un “me-too”, un plan ” moi aussi”, tant il apparait que l’horizon indépassable de notre actuel président, l’aune à laquelle il faut peser tout ce qu’il fait, c’est l’opposition à ce qu’a fait son prédécesseur, et le désir de s’en différencier.
Cela passe parfois, à regret, par l’imitation, mais au prix de contorsions qui font peine à voir.
Nous avions en projet avec Louis GALLOIS, le choc de compétitivité pour tout de suite ( l’avenir, c’était maintenant), nous avons la “com” de ce plan microscopique, porté par un “commissaire”, qui a enfilé la tenue du communicant et à qui il ne reste plus que la coquille des mots.
Il ne faut pas en attendre un effet immédiat, nous met-on en garde, ce n’est pas un plan de relance. C’est un plan ” très significatif”, nous dit Louis GALLOIS aux Matins de France Culture, mais pour l’avenir (l’avenir c’est pour plus tard), pour le très lointain avenir, voire pour un avenir de plus en plus reculé, où surviendra un hypothétique effet, tel l’effet du battement d’aile du papillon, qui peut déclencher un cyclone à l’autre bout de la terre.

 

 

L’infaillibilité du conseil constitutionnel

Dans notre république laïque, nous avons des institutions solides, et des principes républicains qui réunissent tous les membres de la nation.

La non-contestation d’un arrêt du conseil constitutionnel est un de ces principes inviolables. Une décision du conseil constitutionnel ne peut être remise en cause, c’est un fait accepté par tous.

Nous savons pour autant que le respect des citoyens pour une institution vaut pour autant que les décisions prises par cette institution sont comprises dans leur logique, et rencontrent l’adhésion d’une majorité de citoyens.

Ce n’est pas le cas pour les sanctions contre l’UMP, à la suite de l’invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.

Réintégrer dans les comptes de campagne certains déplacements du président dans la période précédant sa déclaration de candidature,  le meeting de TOULON, et celui de VILLEPINTE, meeting de l’UMP,  payé pour moitié par l’UMP, c’est une interprétation  de la Loi électorale, qui est tout à fait contestable et discutable, comme toute interprétation d’un texte de Loi peut et doit être commentée et discutée par les citoyens.

De même, le fait de ne pas retenir tout ou partie des frais d’organisation de la primaire socialiste, dans leur ensemble, dans les frais de campagne du candidat HOLLANDE, et ne retenir que ses frais personnels de participation à la primaire, est une autre interprétation, aussi contestable et discutable.

La symétrie des situations est frappante. Dans un cas, le président ne s’était pas encore déclaré, dans l’autre, le candidat socialiste n’avait pas encore été désigné, mais les conclusions de la Commission nationale des comptes de campagne, sans argumentation juridique solide, pratiquent le “deux poids, deux mesures”, en défaveur de l’hyperprésident. Continue reading “L’infaillibilité du conseil constitutionnel”

Travaux pratiques pour une droite décomplexée : la lutte contre la drogue

Il faut maintenant commencer à décliner nos valeurs proclamées de la droite décomplexée sur les sujets de société, en démontrant que nous avons tourné la page de l’instrumentalisation de ces problèmes de société pour créer du clivage, et que nous sommes à la recherche de propositions concrètes, qui pourraient faire l’objet d’un véritable consensus dans la société française, et constituer des leviers pour un « activisme social », seul  à même d’élargir notre base pour les années à venir  et préparer le retour de la droite au pouvoir.
Puisque nous n’avons pas de complexes, pourquoi ne pas écouter les analyses de ceux qui ne pensent pas comme nous, et qui peuvent tracer des perspectives tout à fait intéressantes.
Je recommande la lecture dans le numéro de juillet de la revue ESPRIT, de l’article de Dominique DEMANGEL intitulé «  Drogues : comment changer de politique ? ».

Cette lecture venait pour moi en écho à une émission télévisée sur ARTE (www.arte.tv/guide/fr/emissions/JT-008317/les-etats-unis-et-la-drogue‎), qui dressait un bilan terrifiant de 35 ans de lutte contre la drogue aux Etats-Unis, et finissait par laisser un doute sur les véritables objectifs de cette lutte « sans complexe » et sans frein contre un fléau de santé publique, aboutissant à l’incarcération d’un jeune sur cinq de moins de 25 ans dans la communauté noire, et où la question de l’objectif caché de cette politique, qui serait le contrôle d’une minorité pauvre, prenait une réalité saisissante, dans la ligne des théories du complot.

Je me suis projeté vers l’horizon possible d’une politique « musclée » de lutte contre les drogues, transposée à notre pays, qui pourrait nous mener à la même impasse, et la lecture de l’article mentionné ci-dessus, de Dominique DEMANGEL, conseillère du maire du 18 ème arrondissement de Paris, en charge de la santé, a le mérite de nourrir la réflexion en nous libérant, au moins pendant le temps de la lecture, de nos stéréotypes et positions idéologiques.
Peut-être connaissez vous le principe de la «  pensée latérale », développé par Edouard DE BONO (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pens%C3%A9e_lat%C3%A9rale), qui consiste à laisser aller son raisonnement à partir de présupposés que l’on croit faux, et on commence à raisonner en se disant, et si cela était vrai, qu’est-ce que cela impliquerait, qu’est-ce qu’on pourrait en déduire .. Continue reading “Travaux pratiques pour une droite décomplexée : la lutte contre la drogue”