Le programme d’Emmanuel Macron

Je n’ai pas voulu l’étudier, mais laisser venir à moi les commentaires, pour laisser une chance à une information qui ferait saillie. J’ai entendu des bribes, quelques chiffres, 60 milliards de réduction des dépenses publiques, 15 milliards à trouver sur l’assurance-maladie, rien sur la retraite, sinon un concept de retraite à points, ce qui fera l’objet d’une longue transition, bien au-delà du quinquennat, si cela doit être mis en place, (mais qui ne se traduira pas par une économie pendant la durée du quinquennat, et c’est probablement une faiblesse du programme), une réduction raisonnable, de 120 000, du nombre de fonctionnaires, le déficit maintenu dans les 3 %, une réduction du taux de la dépense publique vers 50 % du PIB sur le long terme. Enfin, 50 milliards d’investissements,  et dans la ligne de mire, un taux de chômage à 7 % en 2022 , objectif qui serait compatible avec ce cadrage budgétaire,  mais qui n’en découlera pas mécaniquement.
Un cadre budgétaire qui laisse des marges de manoeuvre pour des actions résolues sur l’économie, et qui va aussi loin qu’on peut dans le cadre de nos engagements européens (3% de déficit), pour éviter les effets récessifs d’une trop grande rigueur, tout en prenant le risque d’un alourdissement de la dette.
Au total, un projet raisonnable, mais dont on entend dire déjà qu’il lui manque une cohérence interne, ici où là, et qu’on puisse douter du montant de réduction de dépenses authentiquement obtenu si l’on ne touche pas aux retraites (Agnès Verdier Molinié), mais qui dans l’ensemble, n’offre pas d’aspérités particulières, et ne condamne pas la société française à rentrer dans le corset de l’ultra-orthodoxie budgétaire à la Fillon, dont on doute fortement qu’il puisse  atteindre automatiquement, de par son “extrêmisme”, ses objectifs de “faire de la France la première puisssance économique européenne”, dont on doute qu’il soit accepté et dont on craint qu’il ne mette les français dans la rue, et enfin dont on conteste qu’il soit  la seule et unique voie pour sortir le pays de l’ornière, ce qui serait déjà un objectif intermédiaire. Là où le programme de F Fillon ne dépare  pas la collection des programmes utopiques-apocalyptiques  des candidats de gauche et d’extrême-droite, le cadrage budgétaire de EM semble ne pas insulter l’avenir.

Reste à voir le contenu de ce programme, dans ce cadre budgétaire, qui s’est donné des marges de manoeuvre, limitées néanmoins, et dont les dépenses  doivent de ce fait, être soigneusement pesées, et lisibles. Il faut faire des arbitrages, certainement, privilégier une politique de l’offre et de stimulation de l’économie (It’s economy, stupid), choisir soigneusement les mesures de redistribution, peu nombreuses, à fort contenu symbolique, et à ce titre plus crédibles  qu’un empilement à la Prévert de promesses électorales tous azimuts. La redondance des promesses et leur excès tuent les promesses.  Pour  chaque dépense fiscale, il faut peser soigneusement le besoin et la souffrance sociale que représenterait le fait de ne pas la faire.

EM est “le candidat du travail”. Pour autant, les mesures macro-économiques d’amélioration du pouvoir d’achat pour les insiders, doivent faire l’objet d’une analyse marginale :

Quel est le gain marginal pour les bénéficiaires ?  un petit plus en termes de pouvoir d’achat, pour une classe moyenne de gens en place, dans l’emploi, pour lesquels on ouvre la boite de pandore de la défense de leurs intérêts, sans leur donner la perspective de pouvoir adhérer à un programme qui privilégierait l’intérêt public et la justice sociale, et qui arbitrerait en faveur des outsiders, pour favoriser le retour à l’emploi. Certes, le pouvoir d’achat des français a faibli dans la période récente, mais seuls 37 % des personnes sondées désirent en faire un sujet central dans la campagne présidentielle ( et probablement pas les électeurs qui s’apprêteraient à voter pour EM), à l’opposé du chômage, qui est Le sujet.
Quelle méthode doit-on employer pour améliorer le pouvoir d’achat ? Distribuer à toutes les catégories de la dépense fiscale (les cadeaux), dont les français savent que nous n’en avons plus les moyens, où asseoir les baisses d’impôts ou de charges sur des économies ?
Le coût marginal d’une politique privilégiant fortement la demande, dont les insiders de l’emploi seraient les principaux bénéficiaires, serait donc sévère, du fait des sommes considérables en jeu, saupoudrées sur un grand nombre, peu significative pour les bénéficiaires et pas décisives pour les convaincre, sans autre logique que celle de cadeaux, et donc soumise à la suspicion du calcul électoral. Le coût d’opportunité (nous sommes dans un jeu budgétaire à somme nulle), serait considérable, car cela condamnerait aux mesurettes pour les outsiders, qui aspirent au retour à l’emploi et à une vie décente.

Au contraire, laisser à voir qu’on privilégie l’intérêt public, et que c’est la seule logique sous-jacente à un programme, c’est se donner la chance de rallier l’électorat de droite en déshérence,  qui a  horreur du  “spend” laxiste et irrésolu des politiques budgétaires  de gauche.

Ces électeurs, qu’il faut rallier, pourraient voir dans le programme d’EM une  filiation hollandaise  et un marqueur du fait que EM n’aurait pas dépassé le clivage gauche-droite. Ce n’est que sur un programme solide et transpartisan que pourront s’effectuer ces ralliements, à un homme montrant qu’il est ce qu’il prétend être : “pragmatique”.
C’est donc l’inquiétude qu’on pourrait avoir en entendant  Emmanuel Macron proclamer que «c’est une erreur de penser que le programme est au cœur de la campagne».  Au contraire,  le cadrage budgétaire doit nous être  présenté pratiquement comme une contrainte extérieure, un donné avant toute réflexion sur la future action gouvernementale, un cadre qui entravera le moins possible la liberté du futur président, le plus résilient possible en cas de difficulté imprévue. Il doit être la manifestation incontestable du principe de réalité.
Cet objet qui se voudrait sans doute modeste et  réaliste, ouvre néanmoins à  une interprétation contrastée chez les premiers commentateurs :
Mathieu MUCHERIE *, économiste de salle de marché, sur le site ATLANTICO, emploie le qualificatif d’ « homéopathie fiscalo-sociale“. Pour lui, ce cadrage témoigne de l’absence de volonté d’Emmanuel Macron de faire quelque réforme que ce soit, et nous serions repartis dans l’attente d’un cycle économique favorable, ou d’un rattrapage conjoncturel, sur le modèle de son mentor François Hollande.
On peut signaler quand même que les prévisions de croissance sur lesquelles est assis ce cadrage, 1,4 % pour 2017, ne sont pas d’un optimisme excessif. Mathieu Mucherie est pessimiste, constatant que les fondamentaux de l’économie française sont très dégradés, que nous ne sommes pas à l’abri d’une crise de la zone euro et que les prévisions de croissance pourraient bien se trouver largement invalidées, et atteindre 0,8 %. Il signale au passage que le taux de réduction de la dépense publique de 3 % sur le quinquennat n’est pas suffisant pour nous faire revenir dans la moyenne de la zone euro (il faudrait 5 à 6 %).
Il faudrait selon lui, des actions plus résolues, aller à Francfort demander une dévaluation de l’euro, et poursuivre, voire accentuer la politique accommodante de la BCE. On a le droit de ne pas être d’accord avec cette proposition, peu réaliste, dans un contexte où l’euro est faible pour l’Allemagne, avec ses 8 % d’excédents commerciaux, mais fort pour la France. D’abord les efforts sur la compétitivité, avant de demander quoi que ce soit à l’Allemagne, semble dicter le réalisme.
On se souvient des candidats qui porteraient le fer à la commission européenne, et qui renégocieraient le traité européen et on verrait ce qu’on verrait. On a vu. Le réalisme d’EM s’installe entre une fuite en avant vers plus de fédéralisme, où nous nous engagerions en position de faiblesse, et que nous risquerions de faire capoter, et un rapport de force avec les institutions européennes. Il semble avoir choisi la prudence.
Un proche d’EM répondait aux critiques sur la publication tardive du programme en prévoyant qu’il «aura tout le temps de se faire attaquer». C’est une prévision qui se réalise, quand on lit sous la plume du même économiste : «Dirigée par une agence de communication, cette campagne Macron ratisse donc large et ratisse bien. Il y a de quoi siphonner l’électorat simpliste du centre, tout en attirant les paumés de la gauche modérée et de la droite modérée (ça tombe bien, pour diverses raisons, il y en a plein). C’est plutôt bien joué. Pour les gens un peu plus sérieux, qui auraient aimé lire quelques mots sur la question des retraites (un des seuls sujets économiques importants, et où nous pouvons/devons agir), rien, NADA ».
Jean-Paul BETBEZE sur le même site ATLANTICO, voit au contraire dans ce cadrage l’inscription résolue d’une action de restauration de la compétitivité prix et hors-prix, en s’attaquant au mal dont souffre notre économie, et de ce fait, une relance bénéficierait aux importations, comme en 1983, creuserait notre déficit.= et n’est pas souhaitable.  Il s’agit d’inscrire les mesures de long terme, dont le dispositif lui semble cohérent, restauration de la marge des entreprises, passée de 29 à 31%, aujourd’hui déjà, contre 35 % pour les entreprises allemandes, modération salariale, qui rentre dans les mœurs, et politique de long terme pour l’éducation, l’innovation, conditions de la montée en gamme de nos produits.
Comment qualifier finalement ce programme-cadrage ?
Alexandre DELAIGUE «Pour le contenu du programme lui-même, si vous preniez les différents rapports du conseil d’analyse économique ces dernières années, si vous demandiez à leurs rédacteurs de rédiger le programme à même de faire consensus parmi les économistes mainstream, vous ne tomberiez pas très loin du compte. Votre jugement sur ce programme peut s’arrêter là. Si vous pensez que l’économie mainstream est déconnectée du réel et incapable d’apporter quoi que ce soit, qu’il faut changer d’époque, alors ce programme est voué à l’échec. Si vous pensez que la France ne eut s’en sortir qu’en renversant la table et avec des changements drastiques, ce programme n’en est pas un. A l’inverse vous pouvez considérer ce programme comme une manière réaliste de maintenir le système français en l’adaptant, en faisant le type de réforme employé dans les pays nordiques dans le passé, comme la Suède ou le Canada, voire l’Allemagne avec les réformes Schröder. Dans ce cas, Il est difficile de trouver mieux que ce programme dans l’offre actuelle. »

On nous annonce un nouveau focus, à la focale plus précise, pour le 2 mars, où nous connaitrons les idées-forces et les arbitrages au sein de ce cadre contraint, qui nous empêche de rêver, mais nous rassure sur la solidité des filets de sécurité.
Nous rassure? pas vraiment, en l’absence du levier sur l’âge de départ à la retraite (64 ans), et dans l’incertitude où nous sommes sur le moyen de trouver ces 60 milliards d’économie. On attend aussi le mode opératoire pour trouver 15 milliards sur l’assurance-maladie.

Ce qui serait intéressant, c’est de connaître le «making of» du programme. On connait la particularité de la méthode Macron : de multiples consultations en périphérie, sur le modèle de la démocratie participative, exercice déjà mené par Ségolène Royal, et qui aboutît à l’époque à une collection hétéroclite de « bonnes idées », dont il était bien difficile de voir comment elles auraient pu « faire système ».
Comment se saisir de ce qui remonte ainsi du « terrain » ?
S’en servir pour pondérer les arbitrages, en faisant l’hypothèse que ce qui remonte du terrain sous forme de frustration, de souffrance, de passion triste, désigne les secteurs prioritaires pour mener une action ? Utiliser comme matériaux les propositions positives, les mesures proposées par le terrain ?
Un programme, c’est un système, avec une structure, dessinant une politique, assise sur quelques grandes lignes de force, dont on décrit le déploiement, avec ses moyens, ses effets attendus, et son cadrage de niveau N-1, et in fine avec le cadrage budgétaire global.
Les « bonnes idées » qu’il faut caser dans la structure, enlèvent de la visibilité à la grande idée, attirent le regard et attirent la critique : “on a déjà fait cela (le pass culturel de 500 euros pour les jeunes),  ça n’a pas marché en Italie”, et on en profite pour rejeter la totalité du programme,  en même temps qu’on  rejete un contenu anecdotique, car cette “mesure” mal pensée témoignerait d’un “amateurisme” des concepteurs du programme. Les multiples redondances, les clins d’oeil appuyés à toutes les catégories et corporations qui se sont manifestées sont contre-productives, exposant au risque d’image d’un programme irrésolu, qui n’a pas voulu trancher.

Le programme doit-il être pour autant un bel objet de communication, cohérent et percutant à la fois, mais suffisamment lisse et prudent pour ne pas donner trop de prise aux remarques malveillantes et aux accusations de naïveté ou d’insuffisante maîtrise ?

Un papier intéressant dans le supplément Week-End du monde de Samedi 25 février, sous la plume de Laurent TELO **, décrit ces « usines à programme », sous-commissions d’énarques, emboitant leurs notes multiples comme des poupées russes, avec des arbitrages dans les sur-commissions, et enfin, le document de synthèse sur le bureau du candidat. Une telle approche condamne à l’empilement de mesures, à un “effet catalogue”, si l’architecte final n’a pas de plan d’ensemble, et ne choisit pas entre politique de l’offre ou de la demande, entre des mesures sectorielles multiples et créatives, mais non compatibles entre elles et non compatibles avec le cadrage budgétaire. Irrésolution, procrastination, absence de choix clairs, c’est bien le risque d’image auquel s’expose EM en préférant les  principes, et laissant son entourage empiler les mesures dans leur programme.  Le candidat est-il en effet contraint par cet objet, qu’il n’a pas puisé en lui, dans ses convictions, et qu’il pourrait considérer avec cynisme, comme un “projet de gouvernement”, qui pourrait bien être soumis aux aléas de la conjoncture ou à l’atterrissage dans la réalité, alors même que les choix budgétaires globaux,  sont, quant à eux, intangibles et incontournables.
S’engager sur des actions précises, dont nous savons que nombre d’entre elles ne seront pas pertinentes, et passeront à la trappe des futurs arbitrages,  c’est à la fois un exercice obligé et une navrante figure de style pour notre démocratie du spectacle.

Donc, que pourrait-on proposer pour dépasser cette contradiction ?
Fixer les contraintes absolues, le cadrage budgétaire dont on ne pourra s’écarter, c’est fait (?). Mais pour les mesures et les arbitrages au sein de ce cadrage, rien ne doit être sacralisé ou figé, rien n’a le statut de « one best way ». Peut-on pour autant donner trop longtemps le spectacle d’une délibération en cours au sein d’En Marche, d’un programme qui ne se figerait pas sur quelques mesures fortes ? Dans ce cas, l’erreur à éviter est la prolixité, l’abondance, la créativité débridée.

Il faut donc appeller à la phronesis du philosophe, la frugalité et la prudence, pourvu que le cadre budgétaire global démontre toute la solidité de fondations pour une maison dont les plans ne sont pas encore définitifs, mais dont les choix fondamentaux sont exposés.

Que manquera-t-il au programme d’Emmanuel MACRON ? d’être soumis au débat, de se tremper dans la « sagesse des foules », car les citoyens de base, militants ou sympathisants,  experts de leur poste de vie ne manqueront pas de signaler des points qui ont échappé aux énarques, si on leur laisse la parole.

Une association qu’on proposerait aux citoyens, en les conviant à un grand débat, à une nouvelle forme de démocratie délibérative, pas seulement dans le hot spot de l’élection, mais durant toute la mandature présidentielle.
Telle serait la révolution attendue par la société civile. Toute décision serait  soumise au feu de la critique, examinée dans son détail, avec suffisamment de temps pour que le décideur politique puisse trancher en toute connaissance de cause de l’état de l’opinion sur chacun de ces sujets.

Hélas, nous entrons dans une période finale où nous, sympathisants,  n’allons plus recevoir que des éléments de langage, et où toute remise en question du contenu du programme, de l’intérieur au moins autant que de l’extérieur, sera perçue comme un affaiblissement du candidat.

Alors peut-être pour les législatives, ou pendant le quinquennat ?

La démocratie participative pour ébaucher le programme d’EM, la démocratie délibérative pour le discuter et le faire vivre, tout au long du quinquennat,  une grande cause nationale pour le quinquennat d’Emmanuel Macron ?

* http://www.atlantico.fr/decryptage/vrai-point-fort-programme-economique-emmanuel-macron-enfin-bon-diagnostic-et-relatif-point-faible-solutions-2974431.html#3cAAcKziz8c6ySmo.99

** http://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2017/02/24/elaborer-un-projet-presidentiel-c-est-tout-un-programme_5084651_4500055.html?xtmc=laurent_telo&xtcr=2

Transition écologique

Une journée de flânerie, pour moi, ce samedi ensoleillé, où il eût fallu se résoudre à sortir dans les bois, ce que je ne me suis décidé à faire que dans l’après-midi.
Regarder, donc, le beau ciel pur par la fenêtre, à l’heure du café matinal, dans ma cuisine. Le fond sonore était l’émission de Caroline Broué *, la matinale du samedi, sur FM 93,5 MH (je la capte aussi sur 98 dans mon coin perdu de l’Essonne). Une voix bien scandée, qui m’est familière, et ce n’est qu’en rédigeant ce post et en cliquant par hasard sur « images » dans Google que j’ai découvert son beau visage, mais je ne veux pas m’y arrêter et préfère ne percevoir que cette belle conversation avec son invité, Bruno Parmentier **, spécialiste de l’agriculture. Je prends au passage quelques notions sur les changements en cours dans nos façons de manger, sujet comparé par l’invité à l’exception culturelle française. C’est une bonne façon d’entrer dans le sujet de l’agriculture que de parler de nos façons de manger, et du budget que nous y consacrons, en France, 14 % du budget des ménages, 9 % en Allemagne, 7 % aux USA. Manger pour vivre, un morceau de jambon carré, dans un sandwich de même forme, ingéré devant son ordinateur, ou s’adonner au plaisir de manger, y consacrer un peu plus de temps et un peu plus d’argent, tel est le choix que nous avons devant nous. Allons-nous ingérer notre vie durant, notre dose quotidienne de pesticides et produits phyto-sanitaires, et préparer sagement notre petit cancer, en ingérant distraitement les produits d’une agriculture de plus en plus intensive, aux intrants toxiques (merci MONSANTO), délivrant des extrants tout aussi toxiques, à une industrie agro-alimentaire, constituant la filière de la malbouffe bon marché ?
Si nous voulons préserver notre exception alimentaire, partagée avec les pays latins, il faudra lutter contre cette terrible entropie, qui fait de nous des instruments jusque dans notre façon de manger. Il faut voir en face cette aliénation rampante, et corriger les « imperfections du marché », comme disent les économistes.
La nourriture est-elle une marchandise comme les autres ?
Le politique doit répondre par la négative, et voir ce sujet comme un domaine de souveraineté nationale, pas moins. Le citoyen doit s’en saisir, dans les médias, à l’école, dans les cantines, lorsqu’il va faire ses courses, et se donner les moyens d’organiser une défense civile. C’est un sujet de la subsidiarité nationale, contre la machine européenne à produire des normes, nous menant vers notre malheur, vers l’univers aseptisé et inhumain de la concurrence pure et parfaite. Puisque nos voisins européens semblent diverger, dans leurs mœurs, nous avons la responsabilité de constituer notre propre modèle, et tout d’abord favoriser, par nos choix de consommation, quand nous le pouvons, cette agriculture « résiliente », qui ferait le choix de la qualité. Manger de la viande cinq ou six fois par semaine, et des portions de 100 grammes au lieu de 150, sans écorner notre budget, cela permet aux agriculteurs de gagner leur vie et de nous servir de meilleurs produits.
A quand une éducation à la nourriture, dans les écoles, dans les cabinets des médecins, dans les médias, dans les entreprises ?
Manger différencié, y consacrer du temps et de l’argent, ériger cela en modèle, en façon de vivre, tendance, « fashion », cinq ou six couleurs dans l’assiette, diminuer les quantités, augmenter la qualité. Utiliser sans vergogne le marketing social, la communication d’état, et faire de ce sujet une grande cause nationale. Trouver un modèle transversal, infusant toute la société, pour créer une demande.
C’est ce modèle pour le futur et déjà pour le présent de l’agriculture, que Pierre Hivernat ***, nous propose sur son site « alimentation générale » appel au droit de bien manger, avec un appel à militer sur le site du journal Libération.
Et l’offre de ces produits alimentaires ?
Bruno Parmentier développe la belle image d’une agriculture « écologiquement intensive », aux processus sophistiqués, aidant le sol à produire, sans plus labourer et arroser les sols de produits chimiques, en tuant tout ce qui vit, pour y laisser survivre les semences génétiquement modifiées. Rejeter ce kit mortel pesticides-agents phytosanitaires-semences sélectionnées, et retrouver la sophistication de la vie. Cultiver 365 jours par an, diversifier les plantes, planter des arbres, et utiliser les animaux dans la filière de la culture, c’est le beau projet que nous avons à porter pour accompagner la mutation des 480 000 exploitations agricoles françaises.
Plus de labours, et une agriculture intensive en processus écologiques, et non plus en intrants mortifères. Proposer aux consommateurs un processus, intensif en savoirs-faires, en main-d’œuvre, en ingéniosité, et favoriser les circuits courts.
J’ai prolongé dans ma rêverie de ce beau samedi, les façons dont nous pourrions donner une réalité politique à cette belle idée, et je me suis demandé comment l’accompagner, en ce moment d’offre surabondante de programmes politiques.
Favoriser les circuits courts.
Susciter les entrepreneurs pour multiplier les AMAP, en les subventionnant, sous réserve qu’ils respectent une charte.
Mobiliser les chômeurs pour un service national de la production de nourriture, comme contribution en échange des revenus de subsistance qui leur sont alloués par la société.
Préserver les terres arables et potentiellement exploitables au sein du tissu rurbain, entourant les métropoles et mettre en culture les parcelles ainsi préservées.

Et dans les supermarchés, n’accepter de faire ses courses que là où figure la provenance des aliments qui sont mis à la vente, quatre pastilles de couleur différente, une couleur pour la production locale, à moins de 100 kilomètres, de producteurs respectant une charte, et méritant à ce titre un signalement au consommateur, une autre pour la production nationale, respectant cette même charte, et deux autres, enfin, pour les productions intensives-industrielles-bon marché, nationales et non nationales.
La réglementation nous en empêche ? Votons une loi le permettant, nous arrogeant cette dérogation pour exception culturelle que nous avons su négocier avec l’Europe pour d’autres productions culturelles. Il ne s’agit pas d’une entrave tarifaire à la concurrence, puisque ces produits sont librement accessibles, mais il s’agit d’informer le consommateur et de lui permettre un choix éclairé.

Je suis ensuite tombé sur la livraison du monde de samedi, sur mon iphone, et je me suis arrêté sur l’article « Cancers au travail : Bruxelles complice de l’industrie »****.
Le constat, c’est que 100 000 personnes meurent chaque année en Europe des suites d’une exposition à un produit cancérigène dans l’exercice de leur métier. Les normes européennes d’exposition sont laxistes, la SCOEL, comité scientifique, est constituée d’experts, dont les liens avec l’industrie chimique, et donc les conflits d’intérêt sont visibles comme le nez au milieu de la figure, et la commission européenne ne peut pas ne pas le voir. Mardi 28 février, le parlement européen examinera une proposition de modification de sa directive sur la protection des travailleurs, qui est qualifiée par le Monde «d’autorisation de tuer ». Quinze substances sont examinées dans ce projet d’évolution de la directive européenne, dont on citera le Chrome hexavalent, dont les seuils d’exposition tolérés dans les normes européennes sont 25 fois supérieurs aux normes françaises. La santé des travailleurs de l’industrie est une variable d’ajustement pour la compétitivité de la grande industrie, (allemande surtout). La commission est corrompue (?), le mot est peut-être un peu fort, ou du moins effectue sous le voile d’ignorance, sans mandat électif des citoyens, des compromis, des «trade-offs » comme on dit chez les stratèges des grandes industries, entre les intérêts industriels, dont une des variables est probablement la préservation de l’emploi en Europe, et les victimes collatérales, qui paieront de leur vie cet « arrangement ». Le parlement européen aura le choix entre promouvoir les nouvelles normes, où les refuser, c’est-à-dire rester à des normes encore moins favorables.
Le parlement ne connaîtra pas la réalité des coûts induits au sein des entreprises pour modifier leurs «process» industriels, afin de respecter des normes plus sévères, préservant la santé de leurs employés. Il ne saura pas s’il s’agit simplement de diminuer un peu la rétribution des actionnaires ou de remettre en cause la capacité même de continuer à produire en Europe, et alors, il faudrait sous-traiter ces productions dans des petits Bohpals exotiques, sans explosion autre que l’épidémiologie des cancers, sans exposition médiatique. Les puissants lobbies industriels sont à l’œuvre à Bruxelles, sous la houlette de l’inusable Monsieur JUNCKER, qui sût aménager des arrangements avec les principes moraux, pour aménager activement une fiscalité dévoyée lorsqu’il était aux affaires au Luxembourg, et qui continue d’endosser ces petits arrangements avec la morale.

Etonnons-nous que les populistes ne fassent leur miel de ces pratiques.
Quant à moi, je reste europhile, et partisan d’une intégration budgétaire et fiscale entre les pays du noyau dur de l’Europe, mais je suis persuadé que la France a une responsabilité particulière, et doit peser de tout son poids pour redéfinir la subsidiarité, en mettant en premier la qualité de vie des citoyens, et la protection de leurs cultures ancestrales, quitte à limiter les prérogatives du grand marché unifié, à la concurrence pure et parfaite, qui est l’idéologie dominante chez les technocrates européens.

*https://www.franceculture.fr/emissions/la-matinale-du-samedi/jacques-darriulat-bruno-parmentier

**Le blog de Bruno Parmentier http://s365327531.onlinehome.fr/

*** Pierre HIVERNAT http://alimentation-generale.fr/auteur/pierre-hivernat

****http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/02/24/cancer-au-travail-bruxelles-complice-de-l-industrie_5084643_3244.html

Le champ de ruines de la droite et la fin du clivage gauche-droite

Une primaire prometteuse bâtie sur un vrai clivage avec d’un côté un conservatisme soft libéral, qui avait ma préférence, laïc-rassembleur de bon père de famille, (expression supprimée du vocabulaire juridique * et que j’emploie avec circonspection en matière politique, d’abord parce qu’il n’y a pas de femme en lice dans la dernière longueur de l’élection présidentielle, et parce que je ne trouve pas d’expression équivalente pour qualifier le respect des équilibres et le souci de mener le pays vers plus d’épanouissement (l’identité heureuse). Il y avait donc d’un coté le gentleman confucéen, Alain Juppé, épris d’harmonie et soucieux des arbitrages budgétaires (la goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase budgétaire), et de l’autre, le conservatisme dur et punitif, car nous avons dilapidé l’argent public, c’est notre très grande faute, mea maxima culpa, et il nous fallait un grand timonier, un homme non seulement intègre et courageux, mais aussi rebelle et opposé au système, tellement il allait jusqu’au bout du bout de ses propositions pour le redressement de la France. Il allait nous conduire sans faiblir et sans faillir sur les chemins escarpés du resserrement budgétaire (nous n’allions plus vivre au-dessus de nos moyens), faire se mouvoir la grande roue de la réforme qui ne manquerait pas d’écraser sur son passage quelques pauvres victimes, et on nous les désignait déjà. Nous n’allions plus prendre en charge les soins (AME) des personnes de chair et de sang, réduites à leur statut juridique de résidants sans droits sur le territoire national, pataugeant dans la boue et le froid à Calais et autres lieux, et qu’on laisserait donc bientôt mourir de la tuberculose contractée dans ces merveilleux endroits, qui font rêver les migrants (la théorie de l’appel d’air). Nous allions perdre notre âme pour quelques centaines de millions d’euros. Après la victoire de ce camp-là, nous voyions les choses se mettre en place, avec l’aide des ralliés de la Sarkozie, un fameux cancérologue de l’assistanat, qu’on reconnaîtra, zézayant à nouveau son ordonnance pour la France, et figurant à nouveau sur la photo, et d’autres, de ces merveilleuses personnalités qui donnaient à nouveau de la voix. L’un s’était couvert de gloire en boutant hors de la belle région niçoise les vilains d’extrême-droite, en servant aux électeurs une salade avec des ingrédients pas très différents de celle de ses adversaires, l’autre piaffait dans sa ville de Troyes, gardant pour de meilleurs jours son profil parfaitement lisse d’éternel jeune premier de la politique, tellement raisonnable et modéré dans ses propos, maitrisant tellement son expression, qu’on se dit qu’il ne lui manque plus que la pensée.
On accourait de partout, on allait à la soupe et on allait nous jouer cette fois la partition « on prend les mêmes et on change tout ».
Et patatras, faute de carre, comme on dit au ski. Certes, nous savions bien que dans ses fonctions de premier ministre, monsieur le candidat menait grand train, autrefois, déplaçant FALCON et équipage pour aller se ressourcer quelques jours dans ses terres sarthoises, ou encore pour se rendre à l’invitation de son ami Moubarak, dans un palais égyptien (alors que l’équipage dudit FALCON attendait, l’arme au pied, dans un hôtel largement étoilé). Cela faisait beaucoup d’argent pour le train de vie d’un simple collaborateur, mais nous avions eu le temps d’oublier ces facheux épisodes, remontant à un temps lointain, et de prêter l’oreille à de nouvelles histoires, avec le coiffeur de l’Elysée, le cireur de chaussures du conseiller, et bien d’autres signaux faibles, qui renforçaient notre désir de voir s’installer plus de frugalité au sommet de l’état (je n’ose pas dire plus d’intégrité). Nous attendions donc un homme providentiel, correspondant au casting des français, en contrepoint au laxisme sans contours de la Hollandie. Nous pensions l’avoir trouvé.
Et puis Pénélope vint, épouse constante et fidèle, belle et digne, comme l’épouse d’Ulysse, à qui Nauplios, pour venger la mort de son fils Palamède, tué par Ulysse, avait fait croire à la mort de son mari et qui, désespérée, se serait jetée à l’eau, sauvée par des canards. Nous sommes à front renversé, c’est un vilain petit canard qui porte le coup fatal, à une Penny (prénom symbolisant la force de caractère aux US), qu’il eût fallu mieux protéger en se rangeant sous les augures de ce beau prénom, porté par une belle personne, intelligente et diplômée (avocate) et ne pas lui faire endosser les turpitudes d’un emploi fictif d’assistante parlementaire, puis de lectrice tout aussi fictive. Toute mon amitié et mon respect pour Penny, laissons-là à l’amour de sa famille, et que les chiens passent leur chemin.
François Fillon n’est pas Ulysse, il n’a pas la grandeur qui sied à l’instant de la tragédie qui se déroule sous nos yeux, et qu’il était seul à pouvoir trancher.
C’était à lui de parcourir librement le chemin qui mène de l’Olympe à la roche tarpéienne.
Admettons qu’il ne puise pas ses références dans la mythologie grecque. Il pourrait entendre la phrase de LUC 1:52 «il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles», et déchiffrer les signes du temps qui vient pour lui. Dont acte. S’il était incapable de se retirer, c’était  alors à son camp de le démettre.
François Fillon peut-il encore se réclamer de l’onction de la primaire, si le vote a eu lieu dans la méconnaissance d’éléments déterminants sur la personnalité et les actes d’un candidat, sur une tromperie ? Le cadre juridique de la primaire n’avait-il pas prévu l’invalidation du vote, car il faut bien appeler les choses par leur nom ? Les partis politiques de la droite et du centre, les membres de leurs comités dirigeants ne pouvaient-ils prendre la mesure du péril ? Les personnalités politiques qu’ils ont envoyées à l’assemblée nationale ne pouvaient-ils se lever et prendre une initiative ?
Tout le monde s’est couché, tétanisé par la peur de perdre sa place, montrant bien ce qu’est cette formation politique, un agrégat d’opportunistes et d’assistés, glissant tous ensemble dans la bassesse et le calcul.
Et les électeurs de la primaire ?
C’est le chemin de la compromission morale qu’on leur demande d’emprunter, après avoir voté pour le héraut de l’intégrité et du courage.
Ont-ils envie de voir encore aux affaires ceux qui ont montré leur vrai visage ?
Avons-nous confiance dans leur capacité à mener le pays alors qu’ils ont été défaillants dans la simple désignation de leur candidat ?
Avons-nous confiance dans le programme de François Fillon, qu’il faudrait examiner à la loupe, pour y déceler encore les imprécisions, les erreurs grossières d’appréciation, sur la sécurité sociale, sur la réforme de la fonction publique, sur d’autres sujets bientôt ?
Une nouvelle ligne de clivage est maintenant tracée, suffisamment forte pour mener beaucoup (?) d’électeurs de sensibilité droitière à exercer leur droit de retrait.
Cela sera probablement suffisant pour faire perdre au candidat par défaut François Fillon les quelques points nécessaires à sa qualification au deuxième tour. Une élimination soft, “sur le poteau” (pas le poteau d’exécution), qui laisserait le vivier des opportunistes accrochés à leur mandat, se mobiliser pour une prise de pouvoir au parlement, chassant en meute, installant François Fillon comme premier ministre d’un gouvernement de cohabitation ?
Il faut donc que ceux-là même qui se situent sur l’autre rive du clivage puissent aller plus loin qu’un positionnement de retrait et d’abstention, passif, néfaste à leur pays, mais explorent activement d’autres options pour la France, faisant le constat de la fin du clivage droite-gauche, qui n’est plus opérant, et qu’il faut maintenant balayer, pour participer à une recomposition politique du pays autour d’autres axes, ce qui ne se fera pas sans la mobilisation des femmes et hommes de bonne volonté.
Quels sont ces choix qu’il faut regarder en face ?
Les choix économiques, tout d’abord. Il faut regarder comme un fait incontournable  le développement des échanges mondialisés, que nous devons transformer en oppportunité de stimuler notre économie et d’augmenter notre prospérité, en sachant répartir les fruits de la mondialisation entre les gagnants et les perdants. Il faut rejeter   le repli sur soi, protection en trompe-l’oeil de frontières restaurées pour les biens et les services aussi bien que pour les personnes, et d’une monnaie nationale, nous donnant l’illusion de la souveraineté, mouvement qui mettra notre économie par terre, fera exploser notre dette libellée en euros, et qui ne fera pas revenir les emplois.
Pas l’abandon aux forces du marché, mais des choix économiques volontaristes qui nous donneront les moyens de politiques sociétales qui font besoin.  C’est de notre prospérité économique et de la maîtrise des finances publiques que dépendra notre souveraineté et notre capacité à nous réformer.
Penser le rôle de l’état ensuite, et il faut refuser de se laisser enfermer dans l’alternative patriotes ou mondialistes décomplexés, qui n’est pas la véritable ligne de clivage, puisqu’il y a plus de proximité qu’on ne veut l’admettre entre les tenants de la préférence nationale et les sécessionnistes des quartiers, installés les uns et les autres dans le rapport de forces. Le choix se pose entre un état qui inclut et un autre qui exclut et organiserait  alors un développement séparé et in fine, une société multiculturelle et fracturée, à l’inverse des objectifs de nation unie que proclament les populistes.
Il est misérable de désigner comme boucs émissaires ceux que nous avons fait venir pour que la machine industrielle tourne à plein, il y a quelques décennies, ou même ceux qui sont venus plus récemment, et qui occupent maintenant les petits postes. Regardez autour de vous, celles qui se lèvent à quatre heures pour nettoyer les bureaux avant l’arrivée des employés, ceux qui ramassent les poubelles. Voyez leur courage et le désarroi de certains de leurs enfants, nos compatriotes, qui n’ont pas intériorisé la règle du jeu qui mène à l’intégration par le chemin de l’école.
l’état fort inclut dans le collectif national ceux qui sont tentés par le repli communautaire et impose ses valeurs, au premier rang desquelles la laÏcité, qui n’est pas seulement une liberté, mais une hiérarchie des règles, qui doit s’imposer sur tout le territoire national. L’état pédagogue doit s’imposer sans complexe, en organisant l’obligation d’intégration. Pour ce faire, il n’y a pas d’autre voie que de conditionner les revenus d’assistance et de solidarité à une contribution personnelle, qui crée un lien avec l’état, obligation de se former, toute sa vie durant, qu’on soit actif ou chômeur, pour rechercher les moyens de son autonomie. Obligation de consacrer du temps au service du collectif national, particulièrement là où cela fait besoin. Il faut en finir avec l’unilatéralité des politiques de la ville, et les cinquante milliards d’euros et plus, dépensés en vain au cours des trente dernières décennies, sans que cet effort considérable soit perçu par ses destinataires comme autre chose qu’un dû, et à ce titre, jamais suffisant.
L’état fort, démocratique et décomplexé, doit savoir s’aider de  la transition numérique pour organiser  l’obligation citoyenne, qui n’est ni de droite, ni de gauche, et encore moins d’extrême-droite, en tranchant avec netteté avec les pratiques laxistes actuelles, non pas pour exclure, mais pour inclure. Les solutions ne sont pas toutes prêtes à l’emploi, mais il faut en faire un sujet central pour le quinquennat à venir. Nous voyons bien le consensus se dessiner sur l’importance de l’école, de la formation, surtout pour les laissés pour compte de la vie économique. Assistance contre contribution sous forme de la formation dans laquelle on s’engage résolument, et pas pour faire semblant, effort tracé dans un carnet numérique de compétences, sur le modèle du carnet de santé, qui nous suivrait notre vie durant. Tout le monde doit se préparer à la société du savoir.
Tout cela n’est pas incompatible avec la limitation de l’immigration, bien au contraire, qu’un état fort doit maîtriser.
Foi en l’Europe ensuite, qu’il faut changer de l’intérieur, et dont le contre-modèle est un certain parti populiste, récoltant les fonds européens, pour les utiliser au financement d’un parti tourné vers des enjeux nationaux, qui ne travaille pas sur les sujets européens, puisqu’on est «dans l’opposition» à l’existence même de cette instance européenne, dont on accepte pourtant les prébendes, comme un parasite.
N’exonérons pas pour autant de toute critique les partis de gouvernement qui envoient au parlement européen leurs “seconds couteaux”, et les médias, qui ne relaient pas assez les sujets européens,  et font perdre de l’influence à la France en Europe. Investissons massivement dans les instances européennes pour les transformer.

Ceci étant posé, j’ai décidé de ne plus rester sur ma chaise, à observer, mais de me mettre « en Marche » et d’aller voir si je retrouverais ces points clefs dans la proposition d’Emmanuel MACRON dont nous attendons qu’elle se précise.
Un simple cadre définissant ces quelques priorités lisibles pour les français. Point n’est besoin de propositions nouvelles ou de gadgets sur lesquels vont s’accrocher la meute des chacals de la politique.

*L’expression « en bon père de famille », directement issue de la locution latine bonus pater familias, a été consacrée par le Code civil de 1804 et attribue à l’homme, père de famille, la qualité d’être bon gestionnaire. Elle est supprimée du vocabulaire juridique par la loi n° 2014-873 du 4 août 2014, qui entend consacrer «l’égalité réelle entre les femmes et les hommes».