S’engager pour la démocratie à l’UMP

Voila un an que j’abandonnai mon soliloque sur mon blog «  encampagnevers2012 », entamé en février 2011, et interrompu après les élections présidentielles.

Un post tous les quinze jours, pendant un an et demi, pour garder une trace des informations qui me parvenaient et conforter mon soutien raisonné à la candidature du président sortant.

L’engagement d’un simple citoyen, sexagénaire mais encore très occupé, que la chose politique avait jusqu’alors laissé sans réaction, prenant sa « carte » de l’UMP en 2007.

Je n’ai pas à rougir de mes premiers posts, et en particulier celui intitulé « année 2011 année utile », où je me faisais l’écho des donneurs d’alerte de l’économie réelle, constatant la dégradation de la compétitivité du site industriel France, et réclamant, pour 2011, la TVA sociale, la diminution des charges des entreprises, et les réformes structurelles. Tout ce qui aurait donné un sens au quinquennat, après les mesures de soutien de 2008, concertées entre grands pays, indispensables, mais aboutissant à l’alourdissement que l’on sait de la dette publique, et les deux dernières années du quinquennat, où seule aurait dû prévaloir l’intérêt du pays, sur toute autre considération électorale, c’est-à-dire, la réduction de la dépense publique, la stimulation de la croissance des entreprises, et la défense de l’emploi. Un choc de compétitivité et une politique d’offre résolue.
« It’s economy, stupid », aurait ainsi proclamé notre ancien président, en face de François Hollande. Nous aurions ainsi peut-être perdu la bataille électorale, mais  sans nous aventurer dans le marais de la « droitisation » où notre image s’est brouillée.

Il y aurait eu le parti de la prospérité de la France, qui devait en même temps, consacrer toute son énergie à proposer les amortisseurs pour les laissés-pour-compte de la crise, et les propositions ne manquaient pas, formation professionnelle des chômeurs, pour ne citer que l’une d’entre elles, reprise aujourd’hui par le gouvernement.

La droite aurait pu proposer une réforme fiscale pour répondre aux attentes d’égalité des citoyens, et se démarquer de son image de parti des riches. Il fallait une proposition intelligente qui ne décourage pas l’initiative, et qui corrige l’anomalie que constitue l’insuffisante taxation des 1% les plus riches, qui ne reversent qu’un dixième de leurs revenus au lieu des 30 % qu’on pourrait attendre.

Taxer des flux et non pas la détention d’actifs. Préserver l’initiative d’investissement.

Il fallait un schéma, défendu par un PIKETTY de droite, puisque l’égalité républicaine doit être déclinée à droite comme à gauche.

Il fallait diriger le projecteur sur le sujet qui compte. Les gens de marketing, qui vendent de la lessive appellent cela l’USP «  Unique Selling proposition », capitaliser sur un argument principal et ne pas se disperser.

Le pays avait besoin d’une droite qui porte les mutations nécessaires pour entrer dans le monde d’aujourd’hui, démentant les analyses des intellectuels de gauche (Emmanuel TERRAY), qui font du conservatisme la valeur centrale de la droite. La ligne de partage des eaux électorales eût passé entre le parti du mouvement et celui de l’immobilisme. Guerre de mouvement contre guerre de tranchées des avantages acquis de la  clientèle de gauche, prospérant dans la dépense publique hypertrophiée et la stérilisation de l’économie, proclamant sans vergogne «  le changement pour maintenant », pour revenir aux vieilles lunes idéologiques.

Humain, trop humain. Le président pouvait-il avoir pour seul horizon l’intérêt de la France, et accentuer résolument, en 2011,  la dynamique de réformes structurelles, dont il savait qu’elle s’imposerait inéluctablement à notre  pays, tout en voyant monter la vague nauséabonde de la détestation haineuse contre sa personne. Il pouvait certes agir en stratège pour son camp, celui de la France, et celui de la droite, accessoirement, en faisant assez tôt le constat de la perte possible  de l’échéance électorale à venir, mais en prenant date avec l’histoire, qui viendrait valider les options de son quinquennat.

Dans la défaite, il aurait pu écouter avec délices le bruissement des commentaires d’aujourd’hui, sur les glissements insensibles du programme socialiste, vers la pratique social-démocrate, puis bientôt sociale-libérale, et voir son adversaire mettre en œuvre la rigueur sous la contrainte de Bruxelles, avec toujours un coup de retard,  et dans ce climat d’amateurisme gouvernemental qu’on ne relève même plus. Il ne lui était pas nécessaire de quitter la politique, puisque les évènements ne le démentaient pas. Il ne s’agissait pas d’une défaite, mais d’un moment d’égarement électoral du pays, un quinquennat-intermède de son adversaire.
Cruauté de l’histoire. Qui peut prétendre qu’il n’aurait pu gagner sur les thèmes de l’économie, de la lutte contre le chômage, pour le pouvoir d’achat, dans la ligne de ce qui avait été entrepris. Il a choisi d’attendre sur ce front, et d’abandonner la hauteur de vue du stratège devant l’histoire pour les petites tactiques du clivage sur les problèmes de société.

Là où il aurait fallu rassembler, il s’est retrouvé sur un territoire électoral rabougri, sans pour autant convaincre sur sa droite, fixant le champ de bataille sur d’autres vieilles lunes idéologiques, celles de la droite extrême. Une ligne de partage des eaux s’est alors établie qui devait aboutir à la victoire par défaut du camp d’en face, malgré la médiocrité de ses propositions. Victoire d’un camp sur un autre, et non pas d’un projet sur un autre. Victoire d’un Tartuffe ambitieux, contre un président sortant qui n’avait plus en tête que sa  réélection.

Il aurait pu gagner peut-être, avec quelques semaines de plus, c’est toujours ce qu’on peut dire quand on s’est fixé sur une ligne stratégique non pertinente, et qu’on a usé d’artifices avec une énergie féroce, sans pour autant changer la donne. Il s’est bien battu. Mais il a perdu, sur des options stratégiques défaillantes, compromettant son retour en politique.
Voilà le cauchemar électoral que nous avons vécu, que nous ont fait vivre les gens de la droite forte, qui nous ont bien affaibli, et qui continuent à montrer leurs petits biceps, réfugiés dans le bunker du parti, faute d’avoir pu convaincre des électeurs de leur donner un mandat.

Et c’est cela qui doit motiver notre réflexion, les sondages évoqués au cours de l’émission « Des paroles et des Actes », recevant François FILLON, où 54 % des français l’appellent à briguer la fonction présidentielle, loin devant les scores du président sortant, alors qu’au sein de l’UMP, les militants plébiscitent l’ancien président.

Voulons-nous un parti rétréci de façon défensive autour d’un noyau de militants, ou élargi à la base électorale d’une sensibilité de droite multiforme, ouvert à une frange de citoyens, qui ne demandent pas une reconnaissance ou un statut au sein de l’appareil UMP, mais qui voudraient bien avoir des arguments pour se sentir appartenir à sa mouvance.

Le signe que l’UMP doit nous donner, c’est d’instaurer la démocratie en son sein, et le signe de cette démocratie, c’est d’ouvrir le débat démocratique Urbi ( le 55, rue La Boëtie) et Orbi – le pays profond.

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