Une carte postale du 21 avril 2016

« La grande image n’a pas de forme ». Je pensais au titre de l’ouvrage du philosophe-sinologue François JULLIEN, dissertant sur l’art de peindre dans la chine ancienne, et sur LAO TZI « Le grand carré n’a pas d’angle, la grande image n’a pas de forme ».
Nous voyons apparaître, par bribes, les morceaux de programme des candidats de la primaire. Nous sommes dans un paysage nuageux, dont émergent le sommet de collines, où l’on aperçoit la silhouette de pèlerins sur des chemins tortueux, procédant avec lenteur et hésitation.
Nous attendons l’image complète, ce que d’aucuns appellent la  «vision» d’un candidat-prophète, terme nostalgique s’il en fût, ombre portée d’un certain Général, et d’un temps où les options étaient tranchées, et le courage politique plus partagé. Personne n’est content. Les journalistes appellent de leurs vœux un «récit», dont ils puissent se repaître, mais n’auraient de cesse d’en explorer tous les soubassements de calcul politique et tous les non-dits, et démonter toutes les ficelles du «story-telling». C’est leur seule grille d’analyse. Les citoyens désespèrent de leurs hommes politiques, qui ne semblent pas mieux comprendre l’époque qu’ils ne la comprennent eux-mêmes.
En ces temps de disette et en même temps de surabondance programmatique, nous sommes effarés de ne pas repérer de cohérence interne dans les propos, qui ne sont pas encore des propositions définitives, des candidats, même s’ils sont assenés avec le ton de la conviction la plus affirmée. Mieux vaut ne pas suivre au fil des semaines les déclarations d’un candidat qui a pourtant occupé la fonction, a fait le job cinq années durant, vaille que vaille, pendant l’avant-dernier quinquennat, qui maintenant fluctue comme un frêle esquif, entraîné par de mauvais courants, et qui pourrait bien sombrer (et mergitur).
De ce fait, la place est libre, et cette foire d’empoigne qui s’ébauche apparaît bien comme une lutte pour les places (pour la place, certes, mais aussi pour les lots de consolation, qu’on a su trouver dans les suites de la primaire de gauche pour Arnaud Montebourg, dans son costume de redressement productif, et pour Manuel, l’homme des coups de menton et du verbe haut – il en fallait bien un – opportunément ringardisé aujourd’hui par le jeune et brillant ministre des finances, qu’on a lui-même privé de sa grande loi « MACRON 2 », pour lui donner le patronyme « EL KHOMRI », sans prévoir le fiasco que deviendrait cet imbroglio à la sauce hollandaise, lui épargnant de fait les coups, et lui laissant du temps libre pour se mettre « en marche ».
A droite, dans le vide laissé par le naufrage en cours du candidat naturel, s’engouffrent tous les ambitieux, donnant de la compétition elle-même une image amoindrie, et tirant vers le bas la primaire elle-même. Les représentants de petites coteries, ou représentants d’eux-mêmes, une fois encensés par les médias, qui leur ont ouvert leurs micros des heures durant, quand ils étaient sous les feux de l’actualité, et qui n’étaient rien sans l’onction de l’ancien président, veulent maintenant leur tête-à-tête avec la Nation. Seuls les députés pourront recadrer ces impétueux, et leur rappeler qu’ils n’ont pas la « centralité institutionnelle » qu’ils croyaient avoir dans leurs rêves les plus fous.
Il faudrait certainement beaucoup de force à un candidat, pour convaincre sur une grande vision (“big picture”), et sortir par le haut de ce rendez-vous avec l’histoire qui s’annonce sous des auspices peu favorables.
Nous voyons bien chez notre candidat en tête des sondages, que rien ne l’incite à la posture du stratège pour la Nation, qui tracerait devant elle les chemins de son avenir en toute clarté. Il pourrait avoir la tentation d’une stratégie de nomination par défaut, sur le modèle de celle de son mentor Jacques CHIRAC en 2002. Dans cette configuration, il faut simplement éviter les faux-pas, ceux qui ont conduit François FILLON là où il est, après sa lutte fratricide avec Jean-François COPPE, puis sa critique acerbe du quinquennat précédent, dont il aurait été, pendant cinq ans, un chef de gouvernement qui aurait choisi de « fermer sa gueule » et de rester. Ce désir de rester en place avant toute autre considération constitue un positionnement irrémédiablement faible pour sa candidature actuelle, sans compter les fausses notes plus récentes, par exemple, ses analyses sur la situation syrienne, imprégnées d’un poutinisme sans nuance, qu’il semble partager avec l’extrême-droite.
Alain JUPPE devrait donc se faire violence pour manifester de l’audace, car à la fois, il pourrait bien être échaudé par sa cuisante expérience de grande vision réformatrice, qui a tourné comme l’on sait, dans les années 1995. Et à la fois aussi, une trop grande clarification n’est pas son intérêt à ce jour. Il pourrait bien trouver son inspiration dans un autre concept de la chine ancienne, décrit par LAO TZI, « Wei-Wu-Wei », se laisser porter par une configuration favorable, et « agir sans agir ». A ce titre, son programme, que nous voyons se construire, au fil des publications thématiques, et qu’il qualifie opportunément d’ébauche, ne pourrait être rangé dans la rubrique “réformes structurelles”, mais plutôt, pour l’instant, dans la rubrique aimable du jardinage “taille douce” de notre beau jardin à la française, qui s’apparente de plus en plus à un labyrinthe.
Pour tous les candidats de la primaire, et pour Alain JUPPE, il y a d’abord  l’horizon des grands équilibres budgétaires, du déficit et de la dette, et les grands coups de rabot de cinquante, cent, cent-cinquante milliards d’économie, qui sur un quinquennat ou deux, pour certains candidats, qui avant une date butoir, pour d’autres, devront être passés sur notre beau modèle social.
Le problème, c’est qu’on a du mal à faire le lien entre cet horizon budgétaire, qui projette son ombre sur le pays, comme une guillotine, et les petits récits localisés et protecteurs, sur l’école de la république, sur l’état régalien, sur l’économie, bientôt sur la santé, dont aucun n’a la force d’aller au cœur de la structure, pour donner l’impulsion décisive, voire proposer les arbitrages douloureux qui semblent s’imposer.
Ce que le citoyen peine à percevoir, en effet, c’est la méthode employée par les candidats, dont nous ne voyons que le produit final, les “mesures”, qui se déplacent en train, voire en convoi, mais dont nous ne voyons pas la locomotive.
Il faudrait faire des « réformes structurelles » pour sortir du marasme, entendez par là qu’ on attend d’elles qu’elles corrigent presque magiquement nos déficits. Le but ultime de ces réformes, serait de facto, de corriger le désordre de nos finances publiques. C’est donc à l’aune de leur capacité à atteindre ce résultat qu’il faut les juger, c’est elles qu’on accroche à la locomotive de l’équilibre budgétaire. Sinon, pourquoi bouger les choses ?
L’actualité nous fournit l’occasion d’explorer le dispositif de nos aides sociales. Le député Christophe SIRUGUE a remis au premier ministre son rapport sur la simplification des aides sociales dans la matinée et illico presto, nous attendons des annonces vigoureuses de Manuel VALLS, à midi tapantes, nous dit-on dans les médias.
Le sujet, c’est la “simplification” d’un dispositif d’aides sociales, qui comporte neuf prestations différentes, et qui est considéré comme “coûteux et inefficace”. «Les minimas sociaux sont nés au fil du temps depuis l’après-guerre, et se sont juxtaposés sans que jamais on cherche à les harmoniser» expliquait le parlementaire.
Parmi “trois scénarios possibles”, le rapporteur privilégie celui d’ “une refonte en profondeur de l’architecture globale du système des minima sociaux, avec la création d’une «couverture socle commune», qui permettrait de traiter tout usager selon les mêmes règles quand ses ressources viennent à manquer, tout en bénéficiant d’un dispositif complémentaire qui corresponde aussi à ses propres spécificités”. Comprenne qui pourra. Nous avons un dispositif complexe, mais à qui on pourrait reconnaître qu’il permet une personnalisation des aides pour des publics et des besoins spécifiques. On le remplace par un dispositif socle unique, mais on prévoit néanmoins pour chacun un “dispositif complémentaire qui corresponde à (ses) propres spécificités”. Ne sommes-nous pas en plein syndrome de la reine rouge ? (Alice au pays des merveilles, demande à la reine rouge, “mais pourquoi courons-nous ? mais pour rester sur place, mon enfant).
La Cour des comptes indique que les minimas sociaux “ne permettent pas aux allocataires de sortir de la situation de pauvreté”. La pauvreté “monétaire”, après prise en compte des revenus de transfert, touche 8,5 millions de personnes en France, soit près de 14% de la population.
Le dispositif ne favorise pas non plus le retour à l’activité. Le taux d’emploi des bénéficiaires des minimas sociaux est très faible, de l’ordre de 14% à 17% selon les dispositifs, à peine 2 à 4% des allocataires sortent des dispositifs au profit d’une insertion durable sur le marché du travail.
Pour autant, les coûts du dispositif s’accroissent vertigineusement. De 2008 à 2014, le coût des minimas sociaux est passé de 17,3 milliards à 24,8 milliards d’euros (+30% en euros constants), hors coûts de gestion et dépenses d’accompagnement. Le nombre d’allocataires croît chaque année, du fait de la crise économique, mais aussi parce que les gouvernements, de droite puis de gauche, ont revalorisé les minimas sociaux (AAH et ASPA en 2008, puis RSA en 2013).
Enfin, il y a un problème de lisibilité, voire de justice, du fait des multiples niveaux d’intervention d’organismes différents, et du cumul des aides, provenant du département ou de la sécurité sociale, amenant des personnes au profil semblable à ne pas percevoir la même somme globale.
La proposition de la Cour des comptes est de ne conserver que trois allocations, RSA, AAH (allocation adulte handicapé) et ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées), et de faire reposer sur les caisses (CNAF-CAF) la gestion exclusive de l’attribution de ces allocations. Fermez le ban, pourrait-on dire.
Dispositif simple, accessible à un vote du parlement pour un encadrement de la progression des dépenses, de type ONDAM (l’équilibre budgétaire), duquel on n’attendrait pas qu’il favorise le retour à l’emploi, et qui, à ce titre, serait complété par une politique de l’emploi, dont on espérerait qu’elle évite de voir refluer dans le dispositif de plus en plus de chômeurs en fin de droit. Il faudrait aussi prévoir de compenser une possible déstabilisation du système en cas de progression forte du nombre des allocataires, qui se traduirait par une baisse des aides unitaires dans un budget globalement contraint. Pas simple.

Nous trouvons dans LE SCAN ECO du FIGARO le recensement de ces différentes aides, et leur ventilation, auprès de publics qui ne se recoupent pas ou peu, finalement.
Le RSA pour les personnes de plus de 25 ans, ou pour les moins de 25 ans ayant un enfant à charge, ou ayant travaillé deux ans au cours des trois dernières années. Il démarre à 524,66 euros pour une personne seule, à 1101,83 euros pour un couple avec deux enfants, et représente au total 9.8 milliards d’euros par an, pour 2 millions et 530 000 allocataires à fin décembre 2015
L’allocation adulte handicapé, créée en 1975, versée par la CAF aux handicapés, dont le taux de handicap est supérieur à 80 %, versement de un à cinq ans, étendue à un taux de handicap entre 50 et 79 % s’il y a restriction d’accès à l’emploi, jusqu’à l’âge du départ en retraite, 808,46 euros mensuels, un peu plus de un million de personnes en décembre 2015, 8.7 milliards d’euros par an.
L’allocation solidarité personnes âgées, a remplacé en 2006 le minimum vieillesse. Il faut avoir 65 ans, des revenus inférieurs à 9609,6 euros par an pour une personne seule, et 14918,90 euros pour un couple, le montant est de 801 euros pour une personne seule, et 1243 euros pour un couple, 496200 personnes bénéficiaires fin 2014, coût 3.1 milliards d’euros.
L’allocation de solidarité spécifique, pour les chômeurs en fin de droit, qui ont travaillé au moins cinq ans dans les dix dernières années, et n’ont pas atteint l’âge de la retraite, pour une durée de six mois, renouvelable, 487,50 euros par mois, plafond de ressources de 1137,50 euros mensuels, 1785 ,50 euros pour un couple, 435 000 personnes bénéficiaires en 2014, coût 2 milliards d’euros,
L’allocation supplémentaire d’invalidité, versée par la caisse primaire d’assurance-maladie en cas d’ invalidité réduisant la capacité de travail ou de gain des deux tiers, 404 euros mensuels pour les personnes aux ressources inférieures à 3582.45 euros par an, 78 000 bénéficiaires fin 2014.
L’allocation temporaire d’asile, versée aux demandeurs d’asile, plafond de ressources fixé au RSA socle, 524,16 euros, montant de 524, 16 euros pour personne seule, et 1467.65 euros pour un couple avec quatre enfants , 51000 personnes bénéficiaires fin 2014.
L’allocation veuvage, conjoint décédé, moins de 55 ans, ressources faibles, plafond de ressources trimestrielles de 2260.27 euros, ne pas s’être remis en couple pour en bénéficier. 602,27 euros par mois, 7200 personnes fin 2014.
Le revenu de solidarité outre-mer
Résidents outre-mer, revenus mensuels ne doivent pas dépasser 911.12 euros par mois pour une personne seule, et 1431.76 euros pour un couple le montant ne dépasse pas 512,76 euros. 9210 allocataires fin décembre 2015
L’allocation transitoire de solidarité,
Pour les gens ayant cotisé suffisamment, mais n’ayant pas encore atteint l’âge de la retraite, demandeurs d’emploi en fin de droits, 300 euros par mois, 11000 personnes bénéficiaires fin 2014.
Tout cela représente un total de 25 milliards d’euros bien sonnés, pour les personnes les plus précaires, et ce n’est pas le cancer qui rongerait nos finances publiques.
Le dispositif actuel est plutôt bien ciblé, et souffre peut-être d’abord de la multiplicité des échelons intervenant pour l’éligibilité à ces aides et pour leur distribution. Le regroupement dans un seul organisme, la CNAV-CAF, comme proposé par la cour des comptes, faciliterait la gestion, diminuerait les coûts de celle-ci, globalement. Les barèmes actuels permettant l’allocation des ressources, prennent en compte l’ensemble des ressources et déterminent des allocation “sur-mesure”, au plus près des besoins, c’est du moins leur objectif. Certains publics sont en dessous d’une allocation-socle, telle que proposée, mais ils bénéficient d’autres ressources, qui sont prises en compte dans les calculs.
Remplacer tout cela par une allocation-socle, ferait perdre en pertinence le calcul de l’allocation, au profit de la simplicité de gestion. Elle ne résoudrait pas l’inégalité alléguée devant les allocations, liée à la complexité du système actuel, au contraire. Elle ne ferait pas disparaitre la pauvreté, sauf à voir augmenter le montant global de l’enveloppe, accélérant peut-être encore le rythme de progression que nous avons connu dans les huit dernières années.Elle n’inciterait pas plus à la reprise de l’activité, et cela d’autant plus qu’il est question de la généraliser aux 18-25 ans.
Un mouvement en cache un autre, une “simplification”, sous forme d’un socle, et une généralisation de l’attribution de ce socle à la  tranche d’âge des 18-25 ans, telle est la proposition de Christophe SIRUGUE, pour des jeunes qui  ont certainement plus besoin d’aides concrètes à la formation, au logement, que d’une rente qui ne les inciterait  pas forcément à préparer leur avenir, sachant que le relais après 25 ans serait pris par une poursuite des mêmes aides, leur aménageant un long parcours d’assistés, accréditant dans leur esprit l’idée d’un droit à une sorte de revenu universel, un mol oreiller assurant un revenu de subsistance, quoiqu’on fasse. En somme, faut-il assigner toute une génération de jeunes décrocheurs à un statut d’assistanat et de relégation, et prononcer aussi tôt dans leur vie l’échec de leur recherche naturelle d’autonomie ?
Le rapport SIRUQUE prend en compte le fait que “tout va mieux” et prépare en fait la redistribution des bénéfices durement acquis du fait des efforts du début de quinquennat, dont nous savons à quel point ils ont payé en termes de croissance et d’emploi. Marqueur de gauche, pour un public oublié au cours du quinquennat, la généralisation du RSA aux moins de 25 ans coûtera 4 à 6 milliards de plus. On nous assure qu’on trouvera les économies budgétaires pour financer cette mesure électorale. Déliquescence, alors que nous voyons maintenant la loi EL KHOMRY vidée de toutes les mesures utiles pour faciliter l’embauche, et même aggravée par la surtaxation des CDD, lesquels constituent aujourd’hui la grande majorité des contrats de travail. On alourdit donc le coût du travail, on plombe la compétitivité des entreprises. Une sorte d’enfer pavé de bonnes (?) intentions. Intentions sans persévérance, si ce n’est celle, désespérée, de redresser la barre, en vue de l’iceberg électoral vers lequel se dirige le Titanic socialiste, et le pays avec lui.

Entrons maintenant dans le dur des transferts sociaux. les dépenses de protection sociale, qui représentent 31,7% du PIB, soit 672 milliards d’euros, principal poste de dépenses publiques en France. Depuis les années soixante, leur progression n’a pas cessé, à un rythme élevé dans les années 1960-1970, 14,3% du PIB en 1959 à 24,5% en 1981, puis 29,6% en 2006 et plus de 30% depuis 2010.
De plus, l’évolution des dépenses de protection sociale n’est pas identique selon les postes de dépenses.
Deux postes sont en forte progression :
Le poste vieillesse-survie, qui comprend principalement le versement des pensions de retraite (de base et complémentaires), passé de 5,1% du PIB en 1959 à 14,4% en 2010. Ce poste est particulièrement dynamique en raison des départs en retraite des “baby-boomers” et de l’allongement de la durée de vie des retraités.
Les dépenses du risque maladie ont également fortement progressé entre 1959 et 2013, passant de 3,1% à 8,7% du PIB. Le remboursement des soins de santé délivrés en ville et en établissements de santé, est la principale source de dépenses avec 139,3 Milliards d’euros en 2013, suivi de la prise en charge de revenus de remplacement (indemnités journalières principalement) pour 9 Milliards d’euros.
le risque « pauvreté-exclusion sociale », essentiellement pris en charge par le revenu de solidarité active, généralisé à l’ensemble du territoire le 1er juin 2009, constitue 2,5% des prestations.

Que nous proposent les candidats de droite pour trouver la centaine de milliards d’économies, (c’est une moyenne), qu’ils se font fort de rogner sur les budgets confondus de la dépense publique, incluant la protection sociale ?
Citons pêle-mêle, Bruno LEMAIRE : Instaurer une allocation sociale unique plafonnée à 2/3 du SMIC, qui rassemblerait toutes les aides sociales (le rapport SIRUQUE), Frédéric LEFEBVRE, après des emplettes programmatiques faites dans les pays anglo-saxons, auprès de nos compatriotes vivant à l’étranger, dont il est le député : Créer une allocation universelle, ouverte à tous, contrairement au RSA, sans condition, donc sans contrôle et cumulable avec un emploi, un revenu universel de vie, dont la généralisation couterait autant que la protection sociale actuelle, selon des estimations faciles à effectuer (mille euros par mois pour 65 millions de français). Mais alors il faudrait que cette allocation soit versée ” pour solde de tout compte”, laissant les citoyens responsables de financer leur protection sociale dans un système assurantiel. Très restructurant, en effet, si on ajoute en plus la flat tax, recommandée par le même candidat. Je n’achète pas quant à moi. Nicolas SARKOZY : Conditionner le versement du RSA à l’exercice d’une activité au service de la communauté. Intéressant, mais utilisé à mauvais escient à visée punitive, et non comme pédagogie de renforcement du lien social, et dont la portée n’est que symbolique, sans impact sur les finances publiques, ce qui est quand même le sujet central.
Il ne faut pas oublier la dégressivité des allocations chômage, et toutes les variantes proposées par chaque candidat, suppression ou diminution après deux emplois refusés, dont les effets seraient epsilonesques en termes d’incitation à l’emploi, s’il n’y a décidément pas d’emploi dans le secteur marchand pour accueillir les chômeurs très motivés, car on leur aurait coupé leur allocation-chômage.
Il faut alors se tourner vers la fonction publique ?
S’attaquer au statut de la fonction publique : relever la durée de travail hebdomadaire, directement à 39, voire 40 heures, pour certains, ou à 37 heures payées 37 (durée de travail légale des fonctionnaires, et 39 heures (heures supplémentaires dans la tranche 37-39 ou 39 payées 39 ?). Discussions picrocholines, augurant d’une guerre du même nom, qu’on s’épuiserait à livrer pour un résultat incertain.
Réduire, ou supprimer pour certains, ou encore limiter à quelques fonctions régaliennes, les recrutements sous statut de la fonction publique, et particulièrement pour la fonction publique territoriale, pour permettre aux élus de pratiquer le système de la dépouille (Spoil system), créer un contrat de cinq ans, qui serait donc même dérogatoire aux contrats de travail de type CDI (!) ne pas remplacer les 700 000 fonctionnaires qui partiront à la retraite d’ici 2020, instaurer un, voire trois jours de carence, lutter contre l’absentéisme, développer la rémunération au mérite, augmenter le salaire des fonctionnaires après qu’ils soient passés à la moulinette. Les fonctionnaires font l’objet d’un grand luxe d’attentions.
La fiscalité, c’est sur, on ne peut que la baisser. Suppression de l’ISF, en refaisant le coup de Chirac, rare moment de courage politique, qui lui fît perdre les élections, dit-on.
Certains ne renoncent pas à diminuer les impôts sur le revenu. D’autres, tournés vers les entreprises, veulent diminuer la taxation des dividendes, qui est confiscatoire, augmenter la TVA, ce qui va contrarier la consommation de produits importés, mais distribués dans nos réseaux commerciaux et contrarier la demande.
Frédéric LEFEBVRE veut la flat tax. Défiscaliser les investissements dans les entreprises (flécher un investissement sur le modèle périmé des niches fiscales). Réduire les impôts tous azimuts pour Jean-François COPPE, diminuer à la fois l’IRPP et l’impôt sur les sociétés, ou encore pour d’autres aligner l’impôt sur les sociétés sur les pays européens ( compétitivité), mais il faudra pouvoir suivre les anglais, qui seront bientôt à 15 %, réduire les charges sur les entreprises, diminuer les charges patronales (mais financer quand même la protection sociale).
On se prive de ressources budgétaires, dans l’espoir d’une dynamisation de l’économie, qui surviendrait sans autre effort que la diminution des impôts et la maltraitance des chômeurs, la dynamisation de l’économie, que même la monnaie hélicoptère n’est pas sure de nous procurer. Voila une équation qui n’a rien à envier à une certaine inversion de la courge du chômage.
Où va-t-on trouver des économies sur la durée du quinquennat alors qu’on n’égrène que des mesures de long terme qui mettront une décennie au moins avant de porter leurs fruits ? (confer l’effet de la RGPP).

Encore un effort, mesdames messieurs les candidats de la primaire.